Retour à Soi

Je me suis créé pendant mes vacances une expérience de déconnexion bien involontaire, (mais on sait qu’il n’y a pas de hasard) inattendue et salutaire.

Partie pour une semaine en montagne, je m’aperçois après 2 heures de route que j’ai oublié mes câbles et adaptateur à l’hôtel le matin. Je me dépêche d’acheter un câble de voiture pour charger mon téléphone, mais… je sais que je ne vais pas rouler beaucoup, je pars marcher !!

J’arrive donc dans une maison de vacances sans ordi, sans TV, sans radio, et pratiquement sans téléphone. Prise au dépourvu. Évidemment, le mental s’empare de l’affaire. Léger vent de panique. Une semaine ? Comment je vais faire ? (Faire quoi ? je n’avais pas de projet précis en tête. C’aurait été une question intéressante à se poser à cet instant !). Ne rien faire ? vraiment pas mon style !!

Me voilà seule avec moi-même.  La marche, c’est le matin, surtout quand il fait chaud. L’après-midi, les soirées, ce sont des heures….  De vide ! sans « avoir quelque chose à faire, devoir faire »

Et sans même m’en rendre compte, tranquillement, naturellement, je ralentis. Je reviens en toute légèreté à ce que je chéris depuis toujours : je lis (parce que la vie, qui est une bonne mère, a pris soin de moi et la maison est pleine de bouquins), je dessine, je flâne au bord du ruisseau, j’observe les vaches dans le champ à côté…  Et le temps, les heures s’écoulent. Sans hâte, à ma grande surprise. Comme si mon mental était sur off.

A vrai dire, il m’est difficile de mettre des mots sur mon ressenti. Mettre des mots, c’est déjà démystifier l’expérience.  Les seuls qui me viennent sont liberté, paix, silence. Pas d’introspection, pas de questionnement, juste la minute présente, comme elle est. Je me sens nourrie, comblée, complète dans mon intériorité, dans ma pleine présence à l’instant et à moi-même. Délivrée de toute attente. (Celles que je me crée, celles que j’imagine des autres…)

Bénie des dieux et incroyablement privilégiée d’être dans cet espace de retour à soi.

D’être dans le silence.

D’avoir des heures à ne rien faire. D’avoir ce « vide « sans ressentir la nécessité de le combler.

Privilégiée d’avoir un corps qui me permette de marcher pendant des heures. D’en savourer les possibilités et aussi de me sentir fatiguée, lasse.

Privilégiée d’être pleinement incarnée dans l’instant, connectée à mon corps, et à la nature, dans toute sa beauté, sa perfection et les défis qu’elle nous propose.

Privilégiée simplement d’être en vie et consciente. Heureuse dans l’instant.

Et vous, quand avez-vous ressenti pour la dernière fois ce silence nourrissant, cette paix simple de l’instant présent ? Peut-être que la vie vous murmure, vous aussi, l’appel d’un retour à vous…

 

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